En Orient et en Occident : les animaux au menu
Une partie des êtres humains élève des porcs dans des usines ou des poules par milliers dans des hangars éclairés artificiellement, et les abat ensuite en dehors de toute dignité, après que ces animaux ont mené une vie qu’on ne peut vraiment pas qualifier d’heureuse, tant au niveau de leur espace vital que de leur nourriture.
Animaux = fournisseurs de viande ou plus ?
En Occident nous mangeons comparativement peu des composants de l’animal. Ce que nous aimons, c‘est la viande. Le reste est peu apprécié. Qui mange encore aujourd‘hui de la rate, les poumons, de la queue de porc, du pied de porc, les rognons, les testicules, de la cervelle, l’estomac, de la langue, du museau, de la moelle ?
Il n’y a pas si longtemps que cela encore on faisait, avec tous les restes qu’on ne voulait plus manger, de la farine animale, et on l’utilisait pour engraisser d’autres animaux. L’ESB a mis un terme à cette idée tant bien que mal judicieuse juste du point de vue du bilan énergétique, et depuis une grande partie du poids des animaux est tout simplement incinérée. Une absurdité écologique.
En Asie les animaux sont exploités avec beaucoup plus d’efficacité. Les pattes de poulet par exemple sont une délicatesse, de même que les langues d’oie. La poule à bouillir est cuite avec toute la tête. Les vessies de poisson sont une délicatesse, les vessies de porc également. Les pieds de porc, lorsqu’ils sont bien préparés (traités préalablement pendant plusieurs semaines avec du gingembre et du vinaigre, ils forment le substitut parfait pour le sang et le calcium), sont la nourriture parfaite pour la femme en couches. Les poules et les canards sont coupés en morceaux de la taille d’une bouchée, en sectionnant tous les os, si bien que la moelle est ouverte et libère ses précieux composants. Du poisson nous mangeons en occident le filet. Les Chinois sucent avec délectation les nageoires et la cervelle, et ils rongent les lèvres du poisson. Le poisson contient dans toutes ses parties de précieux minéraux et éléments dont notre propre corps peut avoir le plus grand besoin. Les Chinois n’ont pas de problèmes d‘ostéoporose, bien qu’ils ne boivent pas de lait, et nous en Occident nous en avons, bien que nous buvions du lait…
En Asie il ne reste presque rien d’un animal qui ne soit pas mangé. Ecologiquement cela est pertinent. Si on mange de l‘animal, qu’on le mange en entier ! L‘alternative n‘est pas la manière occidentale de traiter les animaux, qui sont destinés à être mangés, mais un mode de vie végétarien. Cela aussi peut fonctionner, si on le fait correctement, par exemple comme les Hindous.
Soupe de tortue? Et qu’en est-il de la carapace des tortues ?
Il s’agit ici de carapaces de tortues. Ces dernières sont utilisées en MTC depuis des millénaires. Manger de la viande de tortue ? Pourquoi pas ? Si la tortue est élevée en respectant ses conditions physiologiques, alors il n’y a pour ainsi dire rien qui s’y oppose, particulièrement pas du côté de ceux qui dans leur pays ont dans certains Cantons plus de porcs que d’habitants, mais qu’on ne les voit quand même nulle part.
Que ferait-on bien des carapaces de tortues, si la viande de tortue figurait sur nos menus quotidiens ? On les brûlerait vraisemblablement dans des incinérateurs d’ordures comme déchets spéciaux.
Les anciens Chinois ont essayé pour ainsi dire toutes les plantes existantes. Ils n’ont pas seulement analysé la valeur de toutes les plantes pour la santé humaine, mais aussi de tous les minéraux. Et naturellement aussi de tous les animaux, et pour ces animaux tous les composants. Et si l’on a déjà mangé des minéraux, donc des pierres, on peut également manger des carapaces de tortues. Et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Car tout comme les pierres, ces dernières contiennent aussi de nombreux minéraux, mais par surcroît de nombreux autres éléments constituants, à savoir des collagènes, des lipides, des protéines, des acides aminés, du carbonate de calcium, de la kératine, du polysaccharide, des vitamines, de l’iode, du phosphate de calcium, du sodium, du potassium, du manganèse, du zinc etc.
Gui Ban et Bie Jia
Nous connaissons normalement dans la MTC les produits de deux tortues différentes, à savoir Gui Ban et Bie Jia.
La carapace de tortue des deux espèces peut être traitée de différentes manières. Il y aurait aussi une variante de ces deux espèces, avec laquelle la carapace est transformée en gélatine dans un processus de longue durée.
Ces produits s‘appelleraient Gui Ban Jiao et Bie Jia Jiao.
Nous ne les avons pas dans l‘assortiment, car nous ne recevons actuellement pas suffisamment d’informations sur le processus de fabrication.
Pour Gui Ban on prend la carapace de la tortue aquatique Chinemys revesii ou d’une paire d’autres espèces de tortues, et pour Bie Jia celle de Trionyx sinensis, une tortue aquatique ayant une carapace molle.
Carapax est la désignation pour le dessus de la carapace, alors que Plastrum désigne le dessous de la carapace.
Le domaine d’application pour ces deux produits est bien connu de ceux qui pratiquent la MTC, et je me permets de renvoyer à la bibliographie relative à ce sujet.
Ce qui est important dans ce contexte, c‘est certainement la constatation qu’il n’y a que peu de produits MTC dont on sait qu’ils atteignent le méridien Du-Mai. L’un d’entre eux est Gui Ban.
L‘autre est la corne de cerf sous ses différentes formes, Lu Rong, Lu Jiao et Lu Jiao Jiao.
Severin Bühlmann





